HomeRessourcesÉtudes de cas et parcours patientsNon classéSolutions médicales et innovationsObésité, périménopause et ménopause : quels risques et quels traitements possibles pour prendre soin de sa santé ?

Obésité, périménopause et ménopause : quels risques et quels traitements possibles pour prendre soin de sa santé ?

Obésité et ménopause : deux réalités qui peuvent se rencontrer et influencer la santé des femmes, notamment le sommeil, le poids et le bien-être au quotidien. La transition vers la ménopause peut avoir des répercussions importantes sur la qualité de vie. Lorsqu’une femme vit avec l’obésité, certains risques méritent une attention particulière. Heureusement, des solutions existent, avec ou sans traitement hormonal, pour traverser cette période tout en prenant soin de sa santé.

Périménopause et ménopause : comprendre ce qui change

La ménopause survient en moyenne vers l’âge de 51 ans. Elle est confirmée après 12 mois consécutifs sans menstruations, en l’absence d’une autre cause.

Mais les changements hormonaux commencent bien avant. On sait maintenant que la périménopause est une période de transition qui peut s’étendre sur plusieurs années, parfois jusqu’à une dizaine d’années avant les dernières menstruations.

Pendant cette période, les taux d’œstrogènes fluctuent, l’ovulation devient moins régulière et les cycles menstruels peuvent se modifier. Après la ménopause, les œstrogènes diminuent durablement tandis que la FSH augmente.

Alors les symptômes les plus fréquents qui apparaissent sont  : les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes, les troubles du sommeil et les réveils fréquents, les changements d’humeur, l’irritabilité et les difficultés de concentration, la sécheresse vaginale et les inconforts génito-urinaires, les changements dans la répartition des graisses corporelles.

Jusqu’à environ 80 % des femmes connaissent des symptômes vasomoteurs ( bouffées de chaleur, sueurs nocturnes) au cours de cette transition. Chez certaines, ces signes désagréables persistent pendant environ sept ans ou davantage.

Un conseil pratique : noter ses menstruations et ses symptômes dans un calendrier pendant deux ou trois mois permet de mieux comprendre leur évolution. Certains symptômes peuvent être plus marqués avant les règles, mais ils peuvent aussi survenir à tout moment du cycle.

Obésité et ménopause : quels risques pour la santé ?

La ménopause ne provoque pas systématiquement une prise de poids. Cependant, avec l’âge, la masse musculaire tend à diminuer et les besoins énergétiques peuvent changer. La baisse des œstrogènes favorise surtout une accumulation de graisse au niveau abdominal.

Cette graisse viscérale, située autour des organes, est associée à plusieurs risques métaboliques. On parle là de graisse qui vient augmenter le tour de taille et augmenter l’obésité abdominale déjà présente ou en devenir. Cette graisse peut nuire à la santé chez la femme en voie de ménopause.

Chez une femme vivant avec une obésité, cette transition ménopausique  peut aussi accentuer certains problèmes de santé : le Diabète de type 2 (augmentation du risque de résistance à l’insuline), Maladies cardiovasculaires (hypertension, dyslipidémie et accumulation de facteurs de risque), Apnée du sommeil (pouvant aggraver la fatigue et les troubles du sommeil), Santé gynécologique  (risque accru d’hyperplasie et de cancer de l’endomètre), Santé musculaire  (diminution progressive de la masse et de la force musculaires, sarcopénie).

Ou encore, l’obésité peut également être associée à des bouffées de chaleur plus fréquentes ou plus intenses chez certaines femmes.

C’est alors qu’il devient donc particulièrement pertinent de s’intéresser à sa santé métabolique pendant cette période de transition ménopausique, même lorsque le poids ne change pas beaucoup.

Obésité et traitement hormonal : quels risques ?

L’une des principales préoccupations hormonales concerne le risque de thrombose veineuse, c’est-à-dire la formation d’un caillot sanguin dans une veine, qui peut parfois entraîner une embolie pulmonaire.

L’obésité augmente déjà ce risque, notamment en raison de modifications de la coagulation et de l’inflammation chronique.

Or, les œstrogènes pris par la bouche pour traiter la ménopause peuvent stimuler la production de facteurs de coagulation par le foie. L’association de ces deux facteurs peut  augmenter davantage le risque de thrombose.

C’est pourquoi la façon d’administrer les hormones est aussi importante que le choix des hormones elles-mêmes en obésité en transition ménopausique.

Les œstrogènes administrés par la peau, sous forme de gel ou de timbre, évitent le premier passage dans le foie des hormones et c’est ce qui les rend plus sûres d’utilisation. Les études observationnelles montrent qu’ils sont associés à un risque de thrombose plus faible que les œstrogènes oraux.

Cela ne signifie pas que ces estrogènes appliqués par voie dermique sont sans risque, mais ces estrogènes constituent généralement une option préférable chez les femmes vivant avec une obésité lorsqu’un traitement hormonal est indiqué.

Pour mieux comprendre l’importance de préserver ses muscles, découvrez notre article sur l’activité physique et la masse musculaire dans la prise en charge de l’obésité.

Hormones bioidentiques et ménopause : sont-elles plus sécuritaires ?

Les hormones bioidentiques possèdent une structure moléculaire identique à celle des hormones naturellement produites par le corps.

Parmi les médicaments bioidentiques homologués au Canada, on retrouve notamment l’estradiol transdermique, comme Estrogel, et la progestérone micronisée, comme Prometrium.

Ces traitements peuvent présenter certains avantages :

L’estradiol transdermique est associé à un profil thromboembolique plus favorable que les œstrogènes oraux.

La progestérone micronisée semble présenter un risque thromboembolique plus faible que certains progestatifs synthétiques.

Les médicaments homologués offrent des doses standardisées et une qualité contrôlée.

Cependant, bioidentique ne signifie pas automatiquement sans danger. Les risques dépendent aussi de la dose, de la voie d’administration, de la durée du traitement et des antécédents médicaux.

Pour en savoir davantage sur les hormones bioidentiques et les précautions associées à leur utilisation, consultez les recommandations de la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC).

Ensuite il faut également distinguer ces médicaments des préparations hormonales magistrales dites « bioidentiques personnalisées », qui n’ont pas démontré une meilleure sécurité et dont l’absorption ou le dosage peuvent être moins prévisibles.

Peut-on recevoir un traitement hormonal avec un IMC supérieur à 30 ?

Oui. Un IMC supérieur à 30 ne constitue pas, à lui seul, une contre-indication au traitement hormonal de la ménopause.

Le traitement hormonal systémique demeure le traitement le plus efficace contre les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes. Il peut réduire leur fréquence d’environ 75 % et diminuer considérablement leur intensité.

Il peut aussi améliorer le sommeil lorsque les réveils sont liés aux symptômes vasomoteurs.

Chez les femmes vivant avec une obésité, l’estradiol transdermique est généralement privilégié. Lorsque l’utérus est présent, une progestérone ou un autre progestatif adapté doit être associé au traitement afin de protéger l’endomètre de la prolifération de cellules anormales.Donc  On choisit un traitement combiné estrogènes et progestérone.

Quand même le traitement hormonal peut contribuer à limiter une certaine accumulation de graisse abdominale liée à la ménopause. Toutefois, Il ne constitue pas un traitement amaigrissant et ne garantit pas la stabilité du poids.

La décision de prescrire repose toujours sur une évaluation individuelle du rapport entre les bénéfices attendus et les risques.

Quand les hormones sont-elles déconseillées ou contre-indiquées ? Faisons un point santé-sécurité !

Certaines situations nécessitent des précautions particulières, voire l’évitement du traitement hormonal systémique.

SituationPrécaution
Obésité, IMC supérieur à 30Traitement souvent possible après évaluation
Hypertension bien contrôléeTraitement souvent envisageable
Diabète de type 2Évaluation du risque cardiovasculaire
Antécédent de thrombose ou d’embolie pulmonaireTraitement hormonal systémique généralement évité ; évaluation spécialisée selon la situation
Antécédent d’AVC ou d’infarctusHormones  généralement contre-indiquées
Cancer du sein connu ou antérieurHormones généralement contre-indiquées
Saignements vaginaux inexpliquésInvestigation avant de traiter 

Une attention particulière doit être portée aux saignements utérins anormaux, puisque l’obésité augmente le risque de certaines pathologies de l’endomètre.

Pour approfondir les différentes options thérapeutiques de la ménopause, consultez les recommandations cliniques du NICE sur la ménopause.

Le choix d’un traitement hormonal doit donc tenir compte de l’ensemble de la santé de la femme, et non uniquement de son poids.


Ménopause : quels traitements non hormonaux sont possibles ?

Une contre-indication au traitement hormonal ne signifie pas qu’il faut supporter les symptômes sans aide.

Plusieurs traitements non hormonaux peuvent réduire les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes.

Le fézolinétant (Veozah) : une nouvelle option non hormonale

Le fézolinétant est un récent traitement non hormonal approuvé au Canada pour soulager les symptômes vasomoteurs modérés à sévères de la ménopause.

Il agit directement sur les mécanismes de régulation de la température dans le cerveau, sans apporter d’œstrogènes.

Il représente une option particulièrement intéressante pour les femmes qui ne peuvent pas ou ne souhaitent pas prendre d’hormones.

Ce médicament nécessite toutefois une évaluation médicale et une surveillance de la fonction hépatique avec des prises de sang les 9 premiers mois du traitements ( à 3-6 et 9 mois) , en raison d’un risque rare, mais potentiellement grave, d’atteinte du foie.

Les autres traitements non hormonaux

D’autres médicaments ont également démontré une efficacité contre les bouffées de chaleur :

Certains antidépresseurs de la famille des ISRS ou des IRSN, prescrits à des doses adaptées.

Le gabapentin, particulièrement intéressant dans certaines situations de symptômes nocturnes.

D’autres options existent  selon les symptômes, les antécédents médicaux et les contre-indications.

La thérapie cognitivo-comportementale et l’hypnose clinique structurée peuvent également contribuer à réduire le retentissement des symptômes et à améliorer la qualité de vie.

Pour la sécheresse vaginale, les hydratants et les lubrifiants peuvent apporter un soulagement. Les œstrogènes vaginaux à faible dose peuvent aussi être envisagés dans cette situations où les hormones systémiques ne conviennent pas, après évaluation médicale.

Il existe donc différentes façons d’améliorer le confort et la qualité de vie, même sans traitement hormonal systémique.

Pourquoi traiter l’obésité à la périménopause et à la ménopause ?

Cette période constitue une occasion importante de prendre soin de son poids, de sa composition corporelle et de sa santé métabolique.

Une prise en charge adaptée comprend plusieurs axes à soutenir :

Une alimentation équilibrée, avec des apports protéiques suffisants pour préserver la masse musculaire.

Du renforcement musculaire, associé à une activité cardiovasculaire régulière.

Une attention au sommeil, notamment en recherchant les bouffées de chaleur nocturnes et l’apnée du sommeil.

Un accompagnement comportemental et psychologique, pour soutenir des changements durables sans culpabilisation.

Un traitement médical de l’obésité, lorsque celui-ci est indiqué, notamment certains médicaments agissant sur les hormones digestives comme les agonistes du GLP-1.

Pour en savoir davantage sur les traitements de l’obésité et leur accompagnement, consultez notre article sur les traitements GLP-1 et l’importance du suivi médical.

Pourquoi associer la prise en charge de l’obésité et celle de la ménopause ?

La périménopause et la ménopause sont des moments particulièrement pertinents pour agir simultanément sur la santé hormonale et métabolique.

Lorsqu’il est indiqué, le traitement hormonal peut améliorer les bouffées de chaleur, le sommeil et contribuer à limiter certains changements de la répartition des graisses. De son côté, le traitement de l’obésité peut améliorer plusieurs facteurs de risque cardiométaboliques, favoriser une réduction de la graisse viscérale et contribuer à une meilleure santé à long terme.

Ces deux approches ne se remplacent pas, ces deux approches se complètent. 

Parce que la santé ne se résume pas au chiffre sur la balance, découvrez également notre article Se libérer du poids du corps.

En améliorant le sommeil, l’énergie, la composition corporelle et la santé métabolique, une prise en charge conjointe peut aider les femmes à traverser cette transition dans de meilleures conditions.

C’est pourquoi une consultation en médecine de l’obésité peut être particulièrement bénéfique à cette étape de la vie. Chez CoAttitude, la santé hormonale féminine fait partie intégrante de l’évaluation. Les symptômes de périménopause, le sommeil, la santé génito-urinaire et les possibilités de traitement sont abordés lorsque cela est pertinent, dans une approche globale, personnalisée et sans jugement.

Quels examens et dépistages sont importants pour le tandem de traitement obésité et ménopause ?

La périménopause et la ménopause sont aussi des occasions de faire le point sur sa santé préventive.

Selon l’âge, les antécédents et les facteurs de risque, le médecin pourra proposer :

  • Une mesure de la tension artérielle et une évaluation du risque cardiovasculaire.
  • Un bilan métabolique, notamment la glycémie ou l’HbA1c et le cholestérol.
  • Une vérification des dépistages du cancer du sein et du col de l’utérus.
  • Une évaluation des saignements menstruels anormaux.
  • Une évaluation de la santé osseuse et du risque d’ostéoporose.
  • Un dépistage de l’apnée du sommeil lorsque les symptômes le suggèrent.

Après 45 ans, les symptômes et l’évolution des menstruations suffisent souvent à reconnaître la transition ménopausique. Un dosage systématique de la FSH ou des œstrogènes n’est généralement pas nécessaire. Le suivi d’un traitement hormonal de la ménopause repose généralement sur les symptômes, la tolérance et l’évaluation clinique, plutôt que sur des dosages hormonaux systématiques.

Que pouvez-vous faire dès maintenant ?

Quelques gestes simples permettent de mieux préparer cette transition :

  • Notez vos cycles menstruels, vos bouffées de chaleur et la qualité de votre sommeil.
  • Listez les symptômes qui perturbent le plus votre quotidien.
  • Faites le point sur votre santé métabolique et cardiovasculaire.
  • Intégrez progressivement des exercices de renforcement musculaire.
  • Assurez-vous d’avoir des apports suffisants en protéines et une alimentation variée.
  • Discutez en consultation de médecine de l’obésité des traitements hormonaux et non hormonaux possibles.
  • N’attendez pas que les symptômes deviennent difficiles à supporter pour consulter et prendre soin du traitement de votre ménopause en même temps que de celui de l’obésité

Prendre soin de sa santé, au-delà du poids et des hormones

La périménopause et la ménopause sont des étapes naturelles de la vie, mais leurs répercussions sur la santé et la qualité de vie méritent d’être prises au sérieux.

Vivre avec une obésité peut nécessiter davantage de précautions dans le choix des traitements hormonaux, mais ne signifie pas devoir y renoncer automatiquement.

Prendre soin de son poids, de sa santé hormonale, de son sommeil et de son bien-être psychologique, c’est agir sur plusieurs dimensions essentielles de sa santé.

Chez CoAttitude, nous privilégions cette approche globale, afin que chaque femme puisse traverser cette période de transition avec davantage de confort, de confiance et de sérénité.

Chaque femme mérite une évaluation individualisée, une information claire et un accompagnement sans jugement pour choisir les solutions qui lui conviennent.

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *