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De quel suivi ai-je besoin quand je prends un GLP-1 ?

Le suivi GLP-1 ne consiste pas seulement à surveiller le poids et les effets secondaires du traitement.

Que savez-vous de ce qu’il faudrait surveiller lorsque vous prenez un médicament de la famille des GLP-1 ?

Vous répondez assurément : le poids. Peut-être aussi les effets secondaires digestifs, comme les nausées ou la constipation.

Mais qu’en est-il de votre alimentation, de votre masse musculaire, de votre niveau d’activité physique, de votre faim, de votre satiété, des pensées autour de la nourriture, de vos anciennes habitudes alimentaires et même de la façon dont vous vivez les changements parfois rapides de votre corps ?

Les traitements qui agissent sur les voies du GLP-1, comme le sémaglutide ou le tirzépatide, ainsi que de nouvelles molécules qui viennent élargir les possibilités de traitement de l’obésité, ne servent pas simplement à faire descendre le chiffre sur la balance.

Ils modifient profondément l’expérience alimentaire de certaines personnes.

La faim peut diminuer. La satiété arrive plus rapidement. Les portions deviennent naturellement plus petites. Les pensées incessantes autour de la nourriture, parfois appelées food noise, peuvent s’apaiser. Certains aliments deviennent moins attirants et des comportements qui semblaient auparavant difficiles à contrôler peuvent perdre une partie de leur force.

Alors, lorsque tout semble bien fonctionner, une question tout à fait légitime apparaît :

« Si je perds du poids, que je mange moins et que je me sens bien, pourquoi aurais-je encore besoin d’un suivi ? »

Justement parce que le suivi ne sert pas seulement à mesurer votre perte de poids.

Il permet de vérifier comment votre santé évolue pendant le traitement, ce que le médicament améliore réellement et ce qui mérite encore votre attention.

Et si la conclusion est simplement  que si tout va bien, c’est aussi un excellent résultat thérapeutique.

Que fait réellement un traitement avec GLP-1 ?

Les GLP-1 sont des hormones naturellement produites par notre organisme. Les médicaments qui reproduisent ou amplifient certaines de leurs actions agissent notamment sur les mécanismes cérébraux et digestifs impliqués dans l’appétit et la prise alimentaire.

Ils peuvent ainsi :

  • diminuer la faim ;
  • augmenter la satiété ;
  • permettre d’être rassasié avec de plus petites quantités ;
  • réduire certaines envies alimentaires ;
  • diminuer les préoccupations incessantes autour de la nourriture, souvent appelées food noise.

Chez certaines personnes, cela produit une expérience nouvelle :

« Je peux enfin arrêter de manger sans avoir à lutter contre moi-même. »

Ce changement est important.

Il nous rappelle aussi que certains comportements que l’on attribuait autrefois trop facilement à un « manque de volonté » étaient fortement influencés par les mécanismes biologiques de la faim, de la satiété et de la récompense.

Et les compulsions ou les habitudes alimentaires ?

C’est assez complexe.

Certains comportements alimentaires se construisent avec le temps. Ils sont appris, répétés, renforcés, puis deviennent parfois presque automatiques.

Le chemin peut ressembler à ceci :

stress → envie de manger → nourriture → apaisement

Ou être encore plus simplement associé à une habitude :

soirée → télévision → envie de grignoter → plaisir

À force de répétition, le cerveau apprend cette association et une habitude se crée. Le contexte lui-même peut finir par déclencher l’envie de manger, parfois avant même que nous ayons réellement pris la décision de le faire.

En diminuant la faim, certaines envies et l’intérêt porté à la nourriture, le traitement par GLP-1 peut diminuer la force qui entretient cette boucle. Le comportement devient alors plus facile à interrompre.

Mais toutes les difficultés alimentaires ne sont pas identiques.

Une personne peut manger parce qu’elle a réellement faim. Une autre pour se calmer après une journée difficile. Quelqu’un peut ressentir une perte de contrôle devant certains aliments. Certaines personnes présentent de véritables accès hyperphagiques, avec consommation d’une grande quantité de nourriture et impression de ne plus pouvoir s’arrêter.

Le suivi permet justement de comprendre ce qui se passe chez vous, plutôt que de supposer que toutes les difficultés alimentaires ont la même origine.

Le suivi GLP-1 : manger moins ne suffit pas

Lorsque l’appétit diminue fortement, un nouveau problème peut apparaître : ne plus manger suffisamment ou ne plus manger suffisamment bien.

Il peut devenir plus difficile d’atteindre des apports adéquats en protéines, en fibres, en vitamines et minéraux, ou même simplement en énergie.

La perte de poids ne concerne par ailleurs pas uniquement la masse grasse. Une partie de la masse maigre peut également être perdue.

Le suivi permet donc de s’intéresser à la qualité de l’alimentation, aux protéines, à l’hydratation, à la tolérance digestive et, lorsque cela est nécessaire, aux micronutriments. Les données actuelles invitent d’ailleurs à regarder au-delà de la seule perte de poids et à intégrer au suivi l’alimentation, l’activité physique, la composition corporelle et le maintien de la fonction physique.

La question n’est alors plus simplement :

« Est-ce que je mange moins ? »

mais plutôt :

« Est-ce que je nourris suffisamment mon corps avec ce que je mange maintenant ? »

L’activité physique : protéger ce que l’on ne veut pas perdre

Lors d’une perte de poids importante, préserver la force et la masse musculaire devient particulièrement important.

Bouger quotidiennement compte, mais le renforcement musculaire prend également une place importante.

Il ne s’agit pas de faire de l’exercice pour « brûler » ce que l’on vient de manger.

L’objectif est différent : conserver un corps fonctionnel, fort et capable de vous accompagner pendant et après la perte de poids.

Comment savoir si j’ai encore besoin d’être accompagné(e) ?

C’est probablement l’une des questions les plus importantes du suivi.

Vous perdez du poids. La faim est moins présente. Vous pensez beaucoup moins à la nourriture. Vos vêtements deviennent trop grands et votre entourage commence à remarquer les changements.

Tout semble aller dans la bonne direction.

Et c’est peut-être effectivement le cas.

Mais le poids ne nous raconte qu’une partie de l’histoire.

Quelques questions permettent de regarder ce qui se passe derrière le chiffre affiché sur la balance, et c’est aussi cela, la médecine de l’obésité.

Ma relation avec la nourriture est-elle réellement devenue plus facile ?

Avez-vous moins besoin de contrôler ce que vous mangez ?

Pensez-vous moins souvent à la nourriture ?

Pouvez-vous arrêter de manger lorsque vous êtes rassasié(e) ?

Pouvez-vous avoir certains aliments dans la maison sans qu’ils occupent constamment vos pensées ?

Si vous répondez oui à ces questions, c’est un véritable bénéfice du traitement.

Votre relation avec la nourriture est peut-être simplement devenue plus libre.

Ai-je encore parfois l’impression de perdre le contrôle ?

Il existe une différence entre avoir envie de manger et avoir l’impression de ne plus pouvoir s’arrêter.

Certaines personnes disent :

« Une fois que j’ai commencé, j’ai beaucoup de difficulté à arrêter. »

« Il y a certains aliments avec lesquels je perds encore le contrôle. »

« Je n’ai presque plus faim, mais il m’arrive encore d’avoir des crises. »

Ces informations sont importantes.

Les traitements agissant sur le GLP-1 peuvent diminuer certaines envies alimentaires et certains comportements de perte de contrôle. Mais si ces épisodes persistent malgré le traitement, ils méritent d’être explorés plutôt que simplement masqués par un bon résultat sur la balance.

Est-ce que je mange encore parfois pour autre chose que la faim ?

Nous ne mangeons pas uniquement parce que notre organisme réclame de l’énergie.

Nous pouvons manger pour nous récompenser après une journée difficile, diminuer notre stress, nous distraire lorsque nous nous ennuyons, nous consoler, accompagner un moment de détente ou simplement parce qu’un comportement est devenu automatique.

Alors, posez-vous cette question :

Lorsque je suis stressé(e), triste, en colère, seul(e) ou épuisé(e), qu’est-ce que je fais maintenant ?

Vous avez peut-être naturellement trouvé autre chose : marcher, appeler quelqu’un, écouter de la musique, bricoler, lire, sortir, bouger ou vous reposer.

Vous avez alors trouvé de nouvelles façons de répondre aux besoins qui pouvaient auparavant se cacher derrière certaines émotions.

Mais d’autres personnes découvrent plutôt :

« Je ne mange plus, mais je n’ai rien à la place. »

La nourriture occupait peut-être auparavant une fonction de plaisir, de récompense ou d’apaisement qui a disparu rapidement.

Cela peut devenir quelque chose à explorer pendant le suivi.

Qu’est-ce qui peut me procurer du plaisir maintenant ?

Cette question peut paraître éloignée de la médecine de l’obésité.

Elle ne l’est pas tant que cela.

Si manger était auparavant l’une de vos principales sources de plaisir, de réconfort ou de récompense et que cet intérêt diminue fortement, il devient intéressant de regarder ce qui prend progressivement sa place.

Pour certaines personnes, ce changement se fait spontanément.

Pour d’autres, la nourriture ne les intéresse plus beaucoup, mais elles n’ont pas encore trouvé d’autres sources de satisfaction.

Cela ne signifie pas automatiquement qu’il existe un problème psychologique.

Mais cela peut être l’occasion de construire activement une vie dans laquelle le plaisir, la détente et la récompense ne reposent plus principalement sur la nourriture.

Mon corps a changé. Est-ce que l’image que j’ai de moi a suivi ?

Une perte de poids importante peut parfois être beaucoup plus rapide que l’adaptation de notre image corporelle.

Vous avez peut-être perdu 15, 20 ou 30 kilos et continuez pourtant à choisir instinctivement des vêtements trop grands. Votre reflet dans le miroir vous surprend. Vous avez encore l’impression d’occuper davantage d’espace que vous n’en occupez réellement.

À l’inverse, vous pouvez être ravi(e) de votre nouvelle silhouette et apprécier les compliments :

« Tu as vraiment perdu ! » « Ça te change ! »

Et c’est parfaitement correct.

Le suivi ne consiste pas à transformer une satisfaction légitime en problème psychologique.

Il permet simplement de vérifier que la perception que vous avez de vous-même arrive progressivement à accompagner les changements de votre corps.

Quelle place la balance et le regard des autres ont-ils prise avec le GLP-1 ?

Au début, regarder la balance descendre est souvent très motivant.

Les compliments peuvent également faire énormément de bien, surtout après des années de difficultés avec le poids.

Mais progressivement, une autre question devient intéressante :

Comment vais-je les jours où la balance ne descend pas ?

Si une petite variation de poids provoque une forte anxiété, si la peur de reprendre conduit à manger de moins en moins ou si votre estime personnelle devient presque entièrement dépendante du poids atteint, il est utile d’en parler.

Le but du traitement n’est pas de remplacer une préoccupation constante pour la nourriture par une préoccupation constante pour la balance.

Le suivi GLP-1 permet aussi de garder cette question en perspective et de ne pas réduire les progrès au seul chiffre sur la balance.

Est-ce que j’ai peur que tout recommence si le GLP-1 fonctionne moins bien ?

Cette inquiétude est fréquente et compréhensible.

« Et si j’arrête ? »

« Et si le médicament fonctionne moins bien ? »

« Et si mes envies reviennent ? »

Les traitements pharmacologiques de l’obésité sont généralement envisagés à long terme lorsqu’ils sont indiqués, efficaces et bien tolérés.

L’obésité étant une maladie chronique, la réapparition de la faim ou une reprise pondérale après l’arrêt d’un médicament ne signifie pas que vous avez échoué.

Le suivi peut également servir à préparer les périodes plus difficiles.

Un plateau pondéral, une période de stress, des vacances, une maladie, une modification du traitement ou le retour de certaines envies ne signifient pas nécessairement un retour à la case départ.

C’est précisément dans ces moments que les stratégies construites pendant le suivi du traitement peuvent devenir utiles.

Le suivi GLP-1 sert aussi lorsque tout ne va plus aussi facilement

Un traitement de l’obésité ne se déroule pas toujours en ligne droite.

Il existe des périodes où tout semble facile et d’autres où certaines anciennes habitudes réapparaissent.

Un repas devient plusieurs repas. Une période de stress réactive le grignotage. Un aliment qui ne posait plus de problème recommence à être très attirant. L’activité physique diminue. Le poids se stabilise ou remonte légèrement.

C’est le moment de comprendre sans jugement, en explorant :

Qu’est-ce qui vient de se passer ?

Comment je fonctionnais auparavant ?

Quel changement est apparu ?

De quoi ai-je besoin maintenant ?

Le suivi sert justement à traverser ces périodes, à résoudre les difficultés lorsqu’elles apparaissent et à éviter qu’un événement ponctuel devienne progressivement un retour durable aux anciens comportements.

De quel suivi GLP-1 ai-je besoin ?

Nous n’avons pas tous besoin de la même chose.

Si vous pouviez dire aujourd’hui :

« Je mange suffisamment et de façon équilibrée. J’ai beaucoup moins faim. Ma relation avec la nourriture est devenue simple. Je n’ai plus de perte de contrôle. J’ai d’autres sources de plaisir. Je bouge régulièrement. Je me sens bien dans mon corps et dans ma vie. »

Alors votre suivi peut probablement devenir plus léger.

Il reste utile pour surveiller votre traitement, votre santé, votre alimentation, votre activité physique et l’évolution du poids, mais il n’est pas nécessaire de chercher un problème qui n’existe pas.

En revanche, un accompagnement plus important mérite d’être envisagé si vous vous reconnaissez dans plusieurs de ces situations :

  • je continue à avoir des pertes de contrôle ou des crises alimentaires ;
  • certains aliments déclenchent encore des envies très difficiles à maîtriser ;
  • je mange encore principalement pour gérer mes émotions ;
  • depuis que je mange moins, je ne sais plus vraiment ce qui me procure du plaisir ;
  • je mange tellement peu que j’ai de la difficulté à couvrir mes besoins nutritionnels ;
  • Ma force diminue ou je crains de perdre trop de masse musculaire ;
  • mon poids ou ma balance occupent énormément mes pensées ;
  • La peur de reprendre du poids revient ;
  • je ne reconnais pas vraiment mon nouveau corps ;
  • une période de vie difficile fait  revenir mes anciens comportements.

Dans ces situations, avoir besoin de suivi ne signifie pas nécessairement avoir besoin d’une longue psychothérapie.

Il peut s’agir d’un ajustement nutritionnel, d’un programme de renforcement musculaire, de quelques interventions comportementales ciblées, d’un travail sur les déclencheurs et les habitudes, de nouvelles stratégies pour gérer les émotions ou, lorsque cela est indiqué, d’un véritable accompagnement psychothérapeutique.

L’intensité et le type de suivi doivent s’adapter à vos besoins.

Pour aller plus loin

Le médicament peut faire beaucoup. Le suivi permet de savoir ce qu’il reste à faire.

Les traitements agissant sur le GLP-1 nous ont appris quelque chose d’important.

Lorsque la faim, certaines envies alimentaires et les pensées autour de la nourriture diminuent fortement alors des difficultés que l’on attribuait autrefois trop facilement au manque de volonté peuvent s’améliorer considérablement.

Il faut savoir reconnaître ce succès.

Mais cette période peut aussi devenir une formidable occasion de changement.

Lorsque l’ancien comportement alimentaire devient moins puissant, il peut devenir beaucoup plus facile d’en construire un nouveau.

Comme apprendre à manger suffisamment malgré une diminution de l’appétit. Protéger sa masse musculaire. Ou bouger davantage. Reconnaître ses déclencheurs. Trouver d’autres façons de gérer le stress. Découvrir de nouvelles sources de plaisir. S’adapter à un corps qui change. Savoir quoi faire lorsqu’une période difficile survient.

Voilà aussi à quoi sert le suivi.

Et si, après quelque temps, vous allez bien, que votre alimentation est devenue plus libre, que votre santé s’améliore et que vous vous sentez capable de poursuivre avec davantage d’autonomie, c’est que le suivi a également rempli sa mission.

Le suivi GLP-1 n’a pas pour objectif de créer une dépendance à l’accompagnement. Il doit au contraire aider progressivement la personne à mieux comprendre ce qui lui convient et à gagner en autonomie. Parce qu’au bout du compte, la réussite d’un traitement de l’obésité ne se mesure pas uniquement en kilos perdus; elle se mesure aussi dans ce que vous avez gagné en santé, en force, en liberté et en qualité de vie.

Un bon suivi GLP-1 doit donc rester individualisé et évoluer avec les besoins de chaque personne.

Le suivi quand on prend un GLP-1 doit progressivement vous permettre de mieux comprendre votre fonctionnement, de reconnaître les situations dans lesquelles vous avez besoin d’aide et de savoir quand vous pouvez continuer votre chemin avec davantage d’autonomie.

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