Les mesures utiles pour la médecine de l’obésité

Comment intégrer, en plus de l’IMC, des indices nouveaux et utiles pour mieux soigner l’obésité
L’obésité est une maladie dans laquelle le dépôt graisseux, appelé adiposité, nuit à la santé.
En 2024, une étude publiée dans The Lancet montrait que 43 % des adultes sont en surpoids. En 2025, le directeur de l’Organisation mondiale de la santé a déclaré que l’obésité, reconnue comme maladie chronique, constitue l’un des défis majeurs de santé publique à l’échelle mondiale. Selon l’OMS, un adulte est considéré en situation d’obésité lorsque son indice de masse corporelle (IMC) dépasse 30.
La définition de l’OMS intègre désormais de nouvelles mesures, tout comme les recommandations d’Obésité Canada, afin de mieux définir la maladie et ses impacts réels sur la santé. Le tour de taille, lorsqu’il est associé à l’IMC, permet un diagnostic plus précis. D’autres outils permettent également de mieux cibler la localisation de la graisse, élément déterminant du risque pour la santé.
L’obésité : une maladie qui ne se résume pas au poids
Les données scientifiques montrent clairement que la perte de poids seule ne suffit pas à améliorer la santé des personnes vivant avec l’obésité. La prise en charge médicale doit s’intéresser à l’alimentation, en évitant les diètes et régimes restrictifs, à la pratique régulière d’activité physique, à la santé mentale et à la diminution de la graisse viscérale.
La perte de poids peut toutefois améliorer certains symptômes. L’arthrose des genoux et les difficultés à la marche s’atténuent généralement lorsque le poids diminue. De plus, environ 50 % des personnes présentant une apnée du sommeil n’en présentent plus après une perte pondérale.
Il est important de noter que 29 % des personnes en obésité présentent des indicateurs biologiques et physiques normaux, tels qu’une tension artérielle ou des analyses sanguines dans les valeurs de référence.
Les mesures médicales utiles pour le diagnostic et le suivi
Plusieurs indicateurs sont aujourd’hui utilisés pour poser le diagnostic de l’obésité, accompagner la gestion du poids et suivre l’évolution de la maladie. Ces mesures incluent l’IMC, le tour de taille, le rapport tour de taille sur taille, ainsi que des outils plus avancés comme la lipodensitométrie et l’impédancemétrie.
L’indice de masse corporelle (IMC)
L’indice de masse corporelle existe depuis les années 1800. Il a initialement été développé pour réaliser des analyses statistiques de populations et caractériser leur morphologie. L’IMC correspond au poids en kilogrammes divisé par la taille en mètres au carré.
Un IMC supérieur ou égal à 25 correspond à une situation de surpoids, tandis qu’un IMC supérieur ou égal à 30 définit une obésité selon cet indicateur seul. Les premières études ont montré que plus l’IMC est élevé, plus le risque de complications augmente. Une étude publiée en 2013 a démontré que les personnes ayant un IMC de grade 2 ou 3 présentent un risque de mortalité supérieur de plus de 30 % par rapport aux personnes ayant un IMC inférieur.
Cette même étude suggérait que les personnes en surpoids pouvaient parfois présenter un risque inférieur à celles ayant un IMC dit normal, possiblement en raison d’un suivi médical plus étroit.
L’IMC doit cependant être interprété avec prudence. Il ne tient pas compte de la répartition entre masse musculaire, masse osseuse et masse graisseuse. Il est particulièrement inadapté chez les sportifs et les personnes de petite taille. Par exemple, une personne mesurant 1,90 m et pesant 110 kg présente un IMC avoisinant 30, alors que sa masse musculaire et osseuse explique une grande partie de son poids. L’IMC ne permet donc pas de distinguer le poids adipeux du poids musculaire, ce qui constitue une limite importante de son utilisation.
Une étude publiée dans Nutrients montre que plus l’IMC est élevé plus grande est la dépendance alimentaire (25%) par rapport à celles en poids normal (11%). Quand l’IMC dépasse 40, cette dépendance aux aliments s’accentue encore plus. La combinaison IMC élevé et dépendance alimentaire demande une attention plus élevée dans la prise en charge en raison de la vulnérabilité psychologique plus grande.
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Le tour de taille : un indicateur désormais incontournable
La mesure du tour de taille est maintenant systématiquement ajoutée au diagnostic de l’obésité. Lorsque le dépôt graisseux se concentre au niveau abdominal, les risques pour la santé augmentent significativement. L’IMC seul ne fournit aucune information sur la répartition de la graisse dans le corps.
On parle d’obésité abdominale lorsque le tour de taille dépasse 102 cm chez l’homme et 88 cm chez la femme, en dehors de la grossesse.
Pour mesurer correctement le tour de taille, il est recommandé d’utiliser un mètre-ruban non élastique, placé entre la dernière côte du thorax et le point osseux le plus haut du bassin, généralement à la hauteur du nombril. La mesure doit être réalisée sans rentrer ni gonfler le ventre, idéalement à deux reprises afin d’en faire la moyenne.
Le rapport tour de taille sur taille
Le rapport entre le tour de taille et la taille, exprimés dans la même unité de mesure, permet d’évaluer le risque de maladies chroniques associées à l’obésité. Lorsque ce rapport dépasse 0,5, le risque de complications augmente.
À titre d’exemple, une personne ayant un tour de taille de 77 cm pour une taille de 165 cm présente un rapport de 0,46, ce qui n’augmente pas le risque de maladies chroniques. À l’inverse, un tour de taille de 115 cm pour une taille de 175 cm correspond à un rapport de 0,657, indiquant un risque accru.
Pourquoi cibler la graisse viscérale plutôt que le poids seul
En médecine de l’obésité, l’objectif principal est d’améliorer la santé globale et de réduire les risques de complications telles que les maladies cardiovasculaires, le diabète, certains cancers et d’autres maladies chroniques.
Ces améliorations sont obtenues en priorité par la diminution de la graisse intra-abdominale. Lorsqu’une personne sédentaire perd du poids, cette perte se répartit généralement en tiers : un tiers de la couche graisseuse périphérique, un tiers de masse musculaire et un tiers de graisse interne. C’est pourquoi le poids reste un indicateur utile, mais doit toujours être interprété en parallèle du tour de taille, qui reflète plus directement la graisse viscérale.
Le stade d’Edmonton : évaluer la sévérité de l’obésité
Le stade d’Edmonton est une classification qui permet de caractériser la gravité de l’obésité en tenant compte du poids, de la taille, des comorbidités et de la stabilité de la santé physique et mentale. Cette échelle va de 0 à 4.
Le stade 0 correspond à une situation où l’obésité ne semble pas nuire à la santé, tandis que le stade 4 correspond à une situation de santé instable, comme un diabète non traité, une hypertension artérielle non équilibrée ou un trouble hyperphagique associé à une détresse mentale importante.
Masse grasse et localisation de la graisse corporelle
Chez l’homme, un pourcentage de masse grasse compris entre 10 et 25 % est considéré comme normal. Chez la femme, selon l’âge, ce pourcentage varie généralement entre 20 et 35 %. Au-delà de ces valeurs, l’excès de graisse peut devenir nuisible, en particulier lorsqu’il se situe au niveau abdominal et viscéral.
La graisse localisée aux membres inférieurs et supérieurs est beaucoup moins délétère pour la santé que la graisse abdominale.
Lipodensitométrie et impédancemétrie
La lipodensitométrie, aussi appelée absorptiométrie à rayons X à double énergie (DXA), permet d’analyser avec précision la masse musculaire, la masse osseuse et la masse adipeuse, ainsi que leur localisation. Cet examen est non invasif, indolore et rapide, mais n’est actuellement pas pris en charge par la RAMQ. Il est recommandé de porter des vêtements confortables, de ne pas prendre de supplément de calcium dans les 24 heures précédant l’examen et de rester immobile pendant quelques minutes.
L’impédancemétrie repose sur la mesure de la résistance électrique des différents tissus corporels afin d’estimer les proportions de graisse, de muscle et d’eau. Elle n’est pas non plus couverte par la RAMQ, sauf dans certaines cliniques disposant de balances à impédance. Dans le programme Allurion, ces balances permettent un suivi précis et personnalisé de la perte de poids, en distinguant ce qui est perdu en termes de graisse, de muscle et d’eau. Ce suivi aide à ajuster les choix alimentaires et l’activité physique, notamment lorsque la masse musculaire diminue. Les contre-indications de l’impédancemétrie sont la grossesse et le port de dispositifs implantés comme les pacemakers.
L’évolution de la graisse avec l’âge et le rôle des hormones
Avec l’âge, la localisation de la graisse corporelle tend à se modifier. Chez la femme, l’approche de la ménopause s’accompagne d’une diminution des hormones féminines et d’une accumulation progressive de graisse au niveau abdominal. Cette augmentation du tour de taille entraîne une hausse du risque cardiovasculaire, rapprochant le risque de celui observé chez les hommes.
Chez l’homme, la diminution de la testostérone lors de l’andropause favorise également l’accumulation de graisse au niveau abdominal et autour des viscères.
Muscle, eau corporelle et objectifs thérapeutiques
Un kilogramme de muscle est beaucoup plus dense qu’un kilogramme de graisse. Les muscles sont riches en fibres musculaires et en eau. Le corps d’un homme contient en moyenne entre 50 et 65 % d’eau, tandis que celui d’une femme en contient entre 45 et 60 % dans un contexte de santé normale.
L’objectif médical principal est de réduire la masse graisseuse viscérale et abdominale plutôt que de se concentrer uniquement sur le poids. L’augmentation de la masse musculaire permet d’augmenter les dépenses énergétiques de l’organisme, de favoriser la fonte de la graisse viscérale utilisée comme carburant, de réduire le tour de taille et d’améliorer la santé globale, même lorsque le poids ne diminue pas de manière significative.
Conclusion : dépasser la logique du chiffre sur la balance
La prise en charge de l’obésité repose sur une approche globale qui dépasse largement la simple mesure du poids. L’intégration de l’IMC, du tour de taille, de la répartition de la graisse, des comorbidités et de la santé mentale permet une compréhension plus fine de la maladie et une amélioration durable de la santé des personnes concernées. De plus, des experts comme Séverine Mazur peuvent vous présenter d’uniques solutions comme le ballon gastrique allurion.